IMPRESSION (On aime Paimpol).

La Baraque de Chantier a traversé le Trieux  vers le 22 août et passé une partie de son temps à Paimpol, à traîner dans les jambes du Secteur Arts Plastiques du GFEN, et à proposer un défi bizarre – qui a été brillamment relevé.
Dominique avait dans l’idée qu’un texte poétique était un atelier. Elle a écrit une vingtaine de lignes, prétendu qu’il y avait là-dedans un atelier d’écriture et d’arts plastiques dont le titre était IMPRESSION, et qu’il appartenait à qui voulait bien jouer le jeu de le mettre en œuvre.
Hélène, Frédérique, Myriam et Carolyn ont relevé le défi. Claude a pris des photos. Tous les autres ont mis la main à la pâte.

IMPRESSION

 

Argument:
Quelle image des mots? Présence des mots. Représentation? Non. Présenter à nouveau les mots. Pression exercée sur les mots. Quand les mots exercent une pression. Impressions des mots? Enterrer les mots dans la terre; l’enterrement des mots; mots poussières; la terre des mots, les mots pour la terre; terreur des mots…

Puis l’atelier commence. La terre.

Évidemment, l’inducteur, c’est la terre. La terre se manipule. Mains.

 

Les mots naissent de la terre. C’est à dire de ce que nous fouillons dans la terre. De la façon dont elle se loge dans notre paume, sous nos ongles, entre nos doigts. Donc, se concentrer sur les pures sensations qui naissent de la terre. Noter les mots.

Crayon de papier — accepter la salissure, la crasse des mains, du papier, du crayon.

Les mots.

Revenir à sa terre. Donner ses autres noms à la matière qui enduit nos mains. Rester concentré sur les sensations. De nouveau, noter les mots. Lire les mots, chanter les mots, ensemble, marchons nous dessus; en présence du chant, commencer à donner une forme aux mots avec la terre. Un visage. Une figure. Que chacun parle ce qu’il fait, pour lui-même, les autres en prendront ce qu’ils veulent.

Dressons nos figures dans le centre du cercle.
Ecrire — écrire — écrire — un poème de 10 mots.

La Ville est née. Les poèmes la parlent. Il y a quelque part aux 4 points cardinaux une ou d’autres villes. Il nous faut leur parler. Mais les montagnes nous séparent.

Il faut inventer l’écriture et la circulation de l’écriture. Passer de la parole dressée à la parole plate. Préparer le petit rouleau de feuilles imprimées que les messagers porteront de l’autre côté.

Les plaques de terre inversées, nous les mettrons en terre pour que ceux d’après nous écoutent dire.

L’atelier s’est achevé. Puis il s’est exposé le samedi 26 parmi toutes les productions de la semaine. Nous n’étions plus là pour le voir. Nous attendons les photos de l’exposition.

Texte initial: Dominique Barberet Grandière. Photographies de l’atelier: Claude Baudin.

Hélène Cohen Solal a récrit le déroulement de l’atelier, avec son organisation, ses nécessités matérielles, ses consignes. Enfin, presque cet atelier. Un autre, un peu différent, peut-être. Comme toujours.
Voici son descriptif en PDF:
Atelier Livre d’Artiste

 

 

En bref, les projets de La Baraque de Chantier

Juillet

Claude Baudin expose avec quatre artistes à Penvenan (Côtes d’Armor). Le thème de l’exposition: VÉGÉTAL.

Août et septembre

mise en œuvre de deux projets de livre:

  • un exemplaire unique d’un livre d’artiste issu du travail de Claude Baudin pour l’exposition de cet été.
  • un livre artisanal autour d’un poème de Michel Lac à propos de la mer à la Pointe du Raz.

Du 20 au 24 septembre

Participation de la Baraque de Chantier à la seconde édition de La P’Tit’ Edit’, à Tours.

Les 21 et 22 octobre

Participation de la Baraque de Chantier à la 12e édition de Multiples, le Salon de la Petite Edition d’artiste, à Morlaix (29).

 

Usages des livres usagés: comment vivre en paix avec ses livres?

Dominique a trop de livres. Elle a créé un site pour s’en débarrasser. Virtuellement!

J’ai trop de livres. Reçus, acquis, trouvés, gardés. Ils me suivent à travers la maison. Les murs sont pleins. Les étagères s’étouffent. Les sièges sont envahis. Les planchers.

Je ne sais pas comment me conduire avec tous ces livres. Il y a des gens qui les revendent. Certains les donnent. D’autres les jettent. Je les mets dans des cartons que je gerbe où je peux. Bien plus que tous les autres objets entassés ici, et qui ne sont pas d’usage immédiat, il m’ancrent ou me collent là où je vis.

Une bibliothèque, c’est comme une vie humaine; ça n’a pas un sens ; ça doit gagner, jour après jour, livre après livre, quelque chose qui ressemble à une cohérence. Je sais que la cohérence existe; composée de tous les livres qui sont là, d’où qu’ils viennent. Mais comment rester en contact avec cette masse de pages écrites, que j’aie eu ou non le temps de les lire? Le goût de l’accumulation crée une forme de culpabilité, aggrave un rapport au temps un peu tordu.

L’arrivée de la lecture numérique a rendu les choses encore plus compliquées: beaucoup d’ouvrages pratiques sont devenus obsolètes ; les encyclopédies et les dictionnaires perdent la dimension quotidienne de leur usage ; les livres de connaissance sont concurrencés par les revues en ligne et les sites spécialisés ; on trouve l’essentiel et l’accessoire des littératures anciennes sous forme numérique. La tentation vient alors parfois de louer un petit camion, de le remplir et de partir à la décharge municipale. Je ne plaisante pas…

Pour savoir ce qu’elle fait de tous ces livres, abonnez-vous au blog Usages des livres usagés, ou suivez le régulièrement en bas des pages de la Baraque de Chantier.

 

VEGETAL. Exposition, du 24 au 30 juillet 2017

Après avoir fait couler l’eau en 2016, les amis artistes de Plougrescant  s’attaquent au végétal. Photographie, gravure et peinture, trois techniques cette année avec des oeuvres de Claude Baudin, Philippe Dessein, Léna Laurichesse, Olga Verme Mignot et Xavier de Roquefeuil.

L’exposition aura lieu à la Salle Anatole Le Braz à Penvenan, en Côtes d’Armor, du Lundi 24 au dimanche 30 juillet.

Vernissage le mardi 25 à 18 heures.