Pour 2021

Photo : Claude Baudin

il tire la couverture à lui il nous tire les cheveux au milieu de la nuit il tient en suspens des destins essentiels / de ceux qui donnent de l’importance à nos jours il se croit le maître du monde il croît inconsidérément il est le nuisible de la fin de la journée la petite noirceur familière qui nous tient au lit le danger que nous oublions sauf la peur dans l’œil du passant du caissier du supermarché du compagnon de la ligne P de la coiffeuse et de la dame au petit chien il invente des nuages toxiques et des parcours de main en main il rend fou il rend éphémère

il est stupide et seul dans son enveloppe

il ne détient aucun pouvoir contre
la vie contre
le poème des jours ordinaires et
le goût sucré des acacias de
l’an prochain

D.B.G.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.