La marche vers la paix

C’est une collaboration entre Manuelle Campos et Isabelle Micaleff.
Un bel et bon livre fait à la main, sur une idée bienvenue d’Isabelle – qui en fouillant les greniers ou les fossés des villes à  trouvé de vieux livres à la gloire des uniformes de soldats (chatoyants, bleus et rouges, avec passementeries chic et galons dorés; ou pleins de touchantes scènes d’héroïsme (le capitaine Le Beau expira, (…) la face tournée vers l’ennemi comme Bayard – 21 mai 1849). Bien bronzé, l’ennemi. qui n’avait pas encore compris que depuis 1848 il était en territoire français.

Manuelle Campos serre les images, embrumées par le calque et un peu masquées par un à-plat de couleur, dans un texte à double entrée et double sens  qui nous colle la guerre à la peau, à la paix:

Ce ne sont pas les ordres tapés
sur le télégraphe à l’arrière pour le front

mais les ailes claquantes d’un merle pressé

ou bien

dans l’atelier du livre on digère des colombes
qu’on colle après sur les armes et sur les drapeaux

en haut de chaque page, une citation; je choisis la plus ancienne:

Personne n’est assez insensé pour préférer la guerre à la paix;
en temps de paix, les fils ensevelissent leur père; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils. Hérodote – 484 avant J.C.

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La couverture du livre renvoie au site des éd. (en cours)

La marche vers la paix. Manuelle Campos et Isabelle Micaleff. Ed. (en cours) Prix public: 20 euros.

 

Lancri au Hublot

Le hublot Ivryouvre l’œil sur Jean Lancri du 11 au 18 décembre. Voici comment Jean présente son installation (et son travail de 20 ans)

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« Je serai votre miroir » ou « Au travers du « O » de HublOt, de LOve et de VélO ».

« I will be your mirror » or « Through the “O” of (the) POrthOle, of LOve and VelO »


(Vitrine du « Hublot » ; Place Voltaire (Métro : Mairie d’Ivry). Ivry-sur-Seine).

Installation : 24 h sur 24, du 11 au 18 décembre 2015)

(Vernissage autour d’un verre, au « Hublot », le 11 décembre à 19h 30)

Les cinq œuvres (+ un vélo) réunies pour cette « installation » invitent à interroger la frontière entre l’espace de l’art (enclos derrière la vitre du « Hublot ») et l’espace de la vie (déployé côté rue, devant cette vitre). Elles s’évertuent à mettre en joue, de part et d’autre d’une vitre, quelques-uns des enjeux de l’amour et de l’art. Mais, si elles cherchent à entrelacer art de l’amour (dans la rue) et amour de l’art (dans la vitrine du « Hublot »), elles entendent ne le faire qu’en oblique. Aussi ne montrent-elles que cinq fragments (+ un vélo) d’un ensemble titré « Le Cycle de Cheval-à-Vélo » ; lequel se plaît à mettre en scène feu le Facteur Ferdinand Cheval (1836-1924). L’installation du « Hublot » tente de jucher sur sa bécane (voire sur un cheval à bascule d’autrefois) ce rêveur présumé naïf : à cheval sur l’anagramme qui relie VELO et LOVE. Mais que dire des effets induits par les rouages de cette machinerie verbale, pour peu que s’y égrènent les pulsions, que s’y engrènent les passions ? Tandis que, dans l’installation du « Hublot », l’arc d’Eros peu à peu se bande, les petits meurtres entre amants, tels qu’ils sont dépeints là, n’ont d’autre visée que de mettre en représentation, comme « scène primitive » de toute fiction, les fictions amoureuses qui relèvent du crimen amoris. Notre farceur de facteur ne cherche qu’à y pointer l’impossible nœud du fantasme qui lie Eros et Thanatos ; en miroir de ce qui a cours dans la rue : de l’autre côté du « O » de l’œil rond du « Hublot ». 

Citybike clock

* Sur les enjeux et les jeux que mobilise le « Cycle de Cheval-à-vélo », on peut consulter le site : www.lancri.com