Les 21 et 22 mai, Claude Baudin présentera une nouvelle série à l’occasion de l’exposition organisée par D’Art D’Art au Centre d’Art de l’Ancienne Synagogue de La Ferté-sous-Jouarre. Accompagnée par la phrase « la nuit des rêve me rend le corps que le temps m’a volé », cette série met en regard un dessin (emprunté) et un objet, traités en cyanotypes. Voici l’une des images:
C’est une collaboration entre Manuelle Campos et Isabelle Micaleff.
Un bel et bon livre fait à la main, sur une idée bienvenue d’Isabelle – qui en fouillant les greniers ou les fossés des villes à trouvé de vieux livres à la gloire des uniformes de soldats (chatoyants, bleus et rouges, avec passementeries chic et galons dorés; ou pleins de touchantes scènes d’héroïsme (le capitaine Le Beau expira, (…) la face tournée vers l’ennemi comme Bayard – 21 mai 1849). Bien bronzé, l’ennemi. qui n’avait pas encore compris que depuis 1848 il était en territoire français.
Manuelle Campos serre les images, embrumées par le calque et un peu masquées par un à-plat de couleur, dans un texte à double entrée et double sens qui nous colle la guerre à la peau, à la paix:
Ce ne sont pas les ordres tapés sur le télégraphe à l’arrière pour le front
mais les ailes claquantes d’un merle pressé
ou bien
dans l’atelier du livre on digère des colombes qu’on colle après sur les armes et sur les drapeaux
…
en haut de chaque page, une citation; je choisis la plus ancienne:
Personne n’est assez insensé pour préférer la guerre à la paix; en temps de paix, les fils ensevelissent leur père; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils. Hérodote – 484 avant J.C.
La couverture du livre renvoie au site des éd. (en cours)
La marche vers la paix. Manuelle Campos et Isabelle Micaleff. Ed. (en cours) Prix public: 20 euros.
Présenté pour la première fois au salon Multiples de Morlaix, voici « Sous vos pieds », un livre (presque) sans texte.
Sous vos pieds. 2015
Depuis plusieurs années, Claude Baudin regarde à ses pieds et saisit avec son objectif ce qui lui saute aux yeux. Son travail consiste ensuite à produire une image qui, sans toutefois sauter aux yeux du spectateur, lui permet d’accomplir le chemin qui va de l’informe au ressemblant. Pour y parvenir, elle modifie les rapports de luminosité entre les différentes parties de l’image. Elle utilise pour cela le monochrome, passant du noir et blanc argentique de la série Archéologies au bleu cru du cyanotype, assombri ou cuivré par les procédés de virage.
Archéologies-4
l’homme qui marche
Il lui faut aussi modifier la perspective, troubler l’échelle du regard, opérer dans les données de la bande passante ou de l’asphalte un découpage qui permet de conduire le regard de l’insignifiant jusqu’au sujet photographique. Ainsi surgit, à la frontière entre l’image idiote (comme les caricatures de visages dans les craquelures du mur) et l’effort esthétique et signifiant, le fruit partageable de la paréidolie, dont les définitions comme les manifestations oscillent entre l’art et l’insane.
Le livre est enrichi par des interventions en linogravure, certaines directes (comme les empreintes de pied ou les textes que l’on peut voir sur l’image de tête), d’autres retravaillées en photographie cyanotypique à partir d’une reproduction. Ci-dessous, la version numérique d’une composition qui donne naissance au négatif du cyanotype contenu dans le livre.
Description de l’ouvrage:
13 cyanotypes originaux de Claude Baudin sur papier washi 80 grammes, contrecollés sur papier lokta contenant du Mitsumata, avec un texte de Dominique Barberet Grandière réalisé en linogravure. Couverture en papier népalais texturé. Reliure japonaise. Dimensions: 21×42 cm. 5 exemplaires numérotés de 1 à 5, et un exemplaire hors commerce.
Prix: 150 euros.
La Baraque de Chantier vous présente ses meilleurs vœux pour 2016…
photo Claude Baudin
Ce n’était pas le bruit de la pendule ni celui des pas ni celui du moulin à café. Le bruit quel était-il? Quel était-il? L’escalier s’enfoncera-t-il toujours plus avant? Montera- t-il toujours plus haut? Rêvons acceptons de rêver c’est le poème du jour qui commence. Robert Desnos